Nigeria: Amina Lawal acquittée - Nouvelles condamnations à la lapidation dans l'état de Bauchi Amina Lawal Kurami est libre - mais la lutte pour bannir la criminelle loi islamique dans les état du Nord doit continuer ! Dans son audience en appel du 25 Septembre 2003, le tribunal de Charia de l'état de Katsina a levé la sentence de mort concernant Amina Lawal Kurami. Dans sa délibération, quatre juges sur les cinq ont approuvé les trois principaux arguments sur lesquels était fondé l'appel interjeté par ses défenseurs. Ils ont admis 1) qu'il n'y avait pas de preuve évidente d'adultère (la grossesse en dehors du mariage n'est pas une preuve suffisante d'adultère), 2) que la loi n'avait pas été respectée lors de ses aveux devant le premier tribunal, 3) qu'elle n'avait pas pleinement bénéficié de son droit à défense. Le jugement a été accueilli avec un grand soulagement. Quelques minutes seulement après l'acquittement d'Amina Lawal à Katsina, une nouvelle condamnation à la lapidation à mort a été rendue dans l'état voisin de Bauchi. Jibrin Babaji, 20 ans, a été condamné pour sodomie. Il a été accusé s'avoir eu des relations sexuelles avec trois jeunes garçons mineurs. La majorité de la population nigériane, même dans les états du Nord à prédominance musulmane, est contrariée par la réactivation de la Charia en matière de juridiction criminelle, et voudrait voir s'inverser cette évolution. Le soutien à Amina Lawal y a été très large. Le congrès des groupes pour les droits civils, qui s'est tenu à Kaduna la semaine dernière, a organisé des manifestations, des grèves de la faim, et a appelé à des actes de désobéissance civile à travers tout le pays, si le tribunal ne la relaxait pas. Le gouvernement doit faire face à de sévères critiques pour son attitude qui consiste à fermer les yeux sur la remise en vigueur de la Charia. La Constitution nigériane de 1999 garantit les libertés fondamentales et offre la possibilité de contester les lois qui les violeraient. C'était non seulement pour le Président Obasanjo une occasion d'utiliser ces dispositions, mais il y allait de sa responsabilité. M. Nwachekwu Ika, Doyen des juges et dirigeant de l'Organisation pour les Libertés Civiles (OCL), l'a clairement exposé: "Utiliser la juridiction de la Charia pour traiter des affaires criminelles est contraire à la constitution" a-t-il déclaré. "Le gouvernement semble avoir abdiqué ses responsabilités". La remise en vigueur de la Charia s'accompagne d'autres signes inquiétants d'une islamisation rampante: un récent décret oblige les jeunes filles musulmanes, dans l'état du Nord de Badijo, à porter le foulard à l'école. Les chrétiens sont inquiets : le nouveau règlement pourrait même s'étendre à la minorité non-musulmane, puisque le décret stipule "tous les élèves de sexe féminin". Les destinataires du Bulletin de Rationalist International peuvent éditer, diffuser, réexpédier ou reproduire des articles et des extraits de celui-ci, en signalant toutefois la source Rationalist International Bulletin # 114.
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