Sans manger et sans boire pendant 60 ans ! Le Ministère indien de la Défense et la NASA impliqués dans une affaire de charlatan de village L'Association Rationaliste Indienne a critiqué le Ministère Indien de la Défense (MoD) et l'Administration Américaine de l'Aéronautique et de l'Espace (NASA) pour avoir favorisé la crédulité et sapé le développement de l'esprit scientifique dans le pays. « Le Ministère Indien de la Défense et la NASA ont de toute évidence été mêlés à une absurde affaire de charlatan de village» a écrit Sanal Edamaruku, Secrétaire Général de l'Association Rationaliste Internationale, dans une lettre au Ministre de la Défense, George Fernandes. « Il est choquant de voir que des représentants du gouvernement et des scientifiques soient assez crédules pour penser qu'un être humain puisse survivre pendant 60 ans sans eau ni nourriture ! Cette histoire contredit non seulement l'expérience et le sens commun, mais aussi le bien-fondé de notre connaissance biologique et médicale concernant le fonctionnement du corps humain. Il est absolument impossible que cela soit vrai, car si cela était, cela viendrait contredire les lois de la physiologie et nous devrions réécrire nos manuels scientifiques ! » Le Ministère Indien de la Défense avait envoyé une équipe médicale dans le village de Cherada dans l'État de Gujarat, pour mener des investigations scientifiques sur un dénommé Prahlad Jani, âgé de 78 ans, qui prétend vivre sans manger et sans boire depuis 60 ans. « Nous essayons de comprendre comment il a pu demeurer en vie sans manger ni boire pendant tant d'années », a déclaré très sérieusement le Dr. Sudhir Shah, neurologue, qui dirige l'équipe. « La NASA est impliquée dans l'enquête qui est coordonnée par le MoD et a édicté des règles spécifiques pour empêcher la diffusion d'informations relatives à Jani. » « En effectuant des "tests" sur cet homme pendant 10 jours sans le montrer, l'opération mystérieuse du MoD et de la NASA apporte un énorme appui à cette absurde histoire. Pourquoi donc cette arnaque mystique ? Le public a le droit de savoir de quelle nature sont les tests et quels ont été leurs résultats. C'est une affaire qui intéresse tout le monde comme n'importe quel fait divers» écrit Sanal Edamaruku. « Si vos médecins ont pu présenter de fausses allégations, il est de votre devoir de faire la vérité. S'ils sont encore en admiration devant un 'miracle inexplicable', du fait de leur inexpérience ou de l'absence chez eux de sens critique, nous demandons instamment que l'occasion soit donnée à l'Association rationaliste indienne de reprendre et de mener à bien cette enquête. » L'Association rationaliste indienne dispose en effet de spécialistes expérimentés pour de telles affaires et d'archives constituées depuis longtemps à propos d'affaires de ce genre. Jusqu'à présent, elles se sont toutes avérées être des fraudes.En 1999, le cas de Kumari Neerja du district de Jalaun (Etat d'Uttar Pradesh), a connu un grand retentissement, Elle se faisait passer pour la réincarnation de Saraswati, la déesse hindoue des lettres et de la littérature. Elle demeurait seule dans une petite pièce et prétendait ne pas avoir pris de nourriture depuis cinq ans, et ne pas avoir besoin d'uriner ni d'aller à la selle. Comme ses impresarios avaient annoncé qu'elle se transformerait bientôt en statue de Saraswati, la police avait été alertée. Agissant en coopération avec la police, nos jeunes enquêteurs et médecins rationalistes vérifièrent l'état de la pièce où elle vivait et découvrirent, dissimulé par une étagère, l'accès à de petites toilettes, ainsi qu'un trou dans le mur de briques par lequel on lui fournissait de la nourriture. Des tests sanguins révélèrent la présence de glucose, montrant qu'elle avait pris de la nourriture. Et quand, pour finir, on introduisit dans la pièce un gaz sans danger, mais provoquant des nausées, elle rendit des « chapatti » et des pommes de terre. Ainsi confondue, cette femme se révéla être une malade mentale, et fut admise à l'hôpital du gouvernement local. En 1992, Sanal Edamaruku élucida le cas du mystique Pilot Baba qui prétendait survivre sous l'eau, pendant cinq jours, sans respirer, grâce à la méditation. Les prouesses aquatiques de Pilot Baba attirèrent l'attention nationale et internationale. Il fit construire une grande piscine dans un jardin public de Delhi, y descendit devant 4000 spectateurs, ordonna qu'elle soit remplie d'eau, et demeura sous l'eau pendant cinq jours. C'est du moins ce qu'on prétendit. Mais Edamaruku et ses assistants le confondirent, car ils découvrirent l'existence d'une conduite secrète. Bien que de l'eau y soit amenée par des pompes, la piscine qui était couverte de toile goudronnée, demeurait à sec, et Baba passait son temps tranquillement au fond. Quatre ans plus tard, en 1996, il recommença. Cette fois, il prétendait demeurer quatre jours enterré. Edamaruku le démasqua encore devant les caméras de télévision : cette fois, il était confortablement assis dans une petite pièce aménagée sous terre.
Vatican : l'archevêque en fuite Depuis plus de deux ans, l'Archevêque Emanuel Milingo était maintenu en état d'arrêt par le Vatican dans un monastère de Zgarola, près de Rome. Il s'est enfui et le bureau de presse du Vatican reste muet à propos du fugitif. En mai 2002, Milingo, Archevêque de Zambie, avait causé des ennuis au Vatican quand la nouvelle de son mariage avec un membre de la secte Moon fit les gros titres de la presse internationale. Il annula son mariage sous la pression du Vatican, et fut arrêté. Maintenant il s'est enfui avec un peintre italien, Alva Vitali, à Lecco dans l'Italie du Nord. En 1983, l'ecclésiastique rebelle fut démis de ses fonctions en Zambie, officiellement parce qu'il avait pratiqué l'exorcisme et la guérison miraculeuse, et rajouté à ses messes des rites tribaux et de la sorcellerie. C'était évidemment un prétexte, car l'exorcisme est une pratique qui est officiellement reconnue par le Vatican ; elle a même été pratiquée par le Pape lui-même. Les guérisons par la foi peuvent ouvrir la voie au statut de saint, comme l'a montré le célèbre miracle ovarien de feu Mère Teresa. Et le mélange du catholicisme avec des rites et croyances locaux est la recette personnelle de Jean-Paul II pour un prosélytisme réussi. Il appelle cela "l'inculturation. " Pourtant, Emanuel Milingo ne fut point nominé au grade de saint. Il perdit son travail et fut nommé archevêque émérite de Lusaka (une sinécure), dans les murs du Vatican. Mais la controverse sur ses agissements ne prit pas fin. E. Milingo ne put supporter la vie dans cette sainte cage où ses détracteurs l'observaient. Sa frustration devint telle qu'il partit dans l'aventure de son mariage mooniste, ainsi qu'il l'explique dans son livre récemment publié "Pêché dans la boue".
Calcutta, Inde : le gouvernement communiste censure le dernier livre de Taslima Nasreen L'Association Rationaliste Indienne (IRA) a sévèrement condamné l'interdiction du livre de Taslima Nasreen "Dwikhandita" (Séparée en Deux) par le gouvernement de gauche de l'Etat du Bengale-Occidental, dirigé par le Parti Communiste de l'Inde - Marxiste (CPI-M). "Interdire des livres est une violation de la liberté d'expression et d'information ; cela est contraire à l'esprit de la constitution indienne et à l'esprit de la civilisation" a écrit l'IRA dans une lettre ouverte au Chief Minister Buddhadev Bhattarcharjee. "Le fait que cet acte de censure ait été fait dans de 'bonnes intentions' pour éviter la violence communautaire n'est pas une excuse. Ce ne sont pas les livres qui causent la violence. La foule en colère ne lit pas. Il y a certaines personnes qui utilisent des livres pour soulever et diriger la foule. S'ils n'ont pas de livre blasphématoire sous la main, ils trouveront une autre provocation." Le livre Dwikhandita est récemment paru en langage bengali, la troisième partie de l'autobiographie de Taslima Nasreen. Certains intellectuels musulmans à Calcutta ont pensé qu'il pourrait blesser les sentiments musulmans et ont recommandé sa censure. Le Chief Minister Bhattacharjee a obtempéré et a interdit le livre selon la section 153 A du Code Pénal indien concernant les tensions communautaires. Dans la nuit du 28 novembre, les librairies de Calcutta ont été visitées par les autorités et tous les exemplaires disponibles ont été saisis. L'opposition (Parti du Congrès) s'est félicitée de cette action. Taslima Nasreen est membre associée honoraire de Rationalist International.
Thaïlande : une révolution féministe au temple Chatsumarn Kabilsingh (59 ans) ne voulait pas devenir une nonne bouddhiste. Elle voulait devenir moine. Les religieuses ne sont que des assistantes de bas niveau pour les moines. Depuis 700 ans, le clergé bouddhiste de Thaïlande est exclusivement masculin. De nos jours, il y a environ 300 000 moines dans le pays. Chatsumarn, qui a étudié la religion il y a environ 30 ans à l'université McMaster de Hamilton (Canada), a été ordonnée avec cérémonie au Sri Lanka en 2001. Elle est retournée dans son temple près de Bangkok en robe couleur safran et la tête rasée. Cela a déclenché une révolution. Non seulement le clergé traditionnel s'est senti outragé, mais elle a également été critiquée, menacée et insultée en public et dans les médias. Pourtant elle a tenu bon et insisté pour être accueillie comme le premier membre de sexe féminin du clergé. Lentement, l'idée s'est emparée des imaginations. Depuis, il y a cinq femmes moines de plus, ordonnées en Thaïlande, et des jeunes filles ont commencé à faire la queue pour devenir novices. Un membre du parlement a proposé de rendre légale l'ordination féminine, et même le conseil directeur suprême du bouddhisme Thaï envisage la possibilité d'accepter de mettre fin au monopole masculin.
USA : le "juge des Dix Commandements" est mis à la porte Dans une décision extraordinaire, un comité d'éthique spécial constitué de juges de l'Alabama a retiré sa charge au président de la cour suprême de l'état, Roy S. Moore, car il "s'était placé au-dessus des lois". Roy Moore, plus connu sous le surnom de "juge des Dix Commandements", avait fait installer dans le hall d'accueil de la cour suprême de l'Alabama un énorme monument en granite sur lequel était inscrit le Décalogue. Des organisations athées et de défense des libertés civiles ont dénoncé cette "violation monumentale de la constitution", laquelle interdit la représentation de symboles religieux sur des terrain appartenant à l'Etat. Au mois de septembre, une cour fédérale a ordonné l'enlèvement de cette pierre anticonstitutionnelle. Roy Moore a très publiquement désobéi cet ordre. Le jugement a ensuite été confirmé par une cour d'appel fédérale. Le juge Moore voulait faire appel auprès de la cour suprême des Etats-Unis, mais celle-ci a refusé. Pendant ce temps, le monument en granite de deux tonnes et demie, que le juge Moore avait personnellement conçu puis fait installer en silence dans la nuit du 31 juillet 2000, a été déplacé dans une pièce de stockage. Et le président de la cour suprême est lui-même sur la voie du départ pour avoir, publiquement et en toute connaissance de cause, voulu braver la loi. Les destinataires du Bulletin de Rationalist International peuvent éditer, diffuser, réexpédier ou reproduire des articles et des extraits de celui-ci, en signalant toutefois la source Rationalist International Bulletin # 116.
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