Iran: le Professeur Aghajari condamné à cinq ans de prison
Le professeur Sayyed Hashem Aghajari, historien iranien progressiste et critique avant-gardiste du régime, a été condamné à cinq ans de prison et s'est vu interdire d'enseigner et d'occuper un poste public pendant cinq années supplémentaires. Une cour de Téhéran l'a jugé coupable d' "insulte aux principes sacrés" dans un discours public tenu à Hamedan en 2002. Le pr. Aghajari nie toute insulte à la religion. Son avocat a annoncé qu'il ferait appel. Le jugement a été rendu le 20 juillet, dans une nouvelle manche de l'affaire du blasphème qui a secoué le pays. Après son discours d'Hamedan, dans lequel il a contesté au clergé iranien le droit de régner sur le pays, le pr. Aghajari avait été condamné à mort deux fois par une cour provinciale. Pendant plus d'un an et demi, l'ancien combattant et invalide de guerre a été détenu dans le quartier des condamnés à mort de la prison d'Evin à Téhéran, alors que la tentative brutale de le faire taire nourrissait la puissante et durable contestation en Iran et remplissait d'embarras le gouvernement vis-à-vis de l'étranger. Finalement, la machine judiciaire et le gouvernement ont fait marche arrière. Afin d'essayer d'essouffler le mouvement de protestation, la cour suprême a annulé la peine de mort le 1er juin et a ordonné le réexamen total du dossier par une cour de Téhéran. Toutes les charges qui pouvaient mener à la peine de mort ont alors été abandonnées. Selon les nouvelles charges, la cour a fixé la peine à un maximum de cinq ans de prison, dont deux avec sursis. En comptant les deux années déjà passées à la prison d'Evin, il lui restera un an. On a accordé au pr. Aghajari la liberté sous caution en attendant l'appel à la cour suprême. Il pourrait être libéré contre un milliard de rials (95.000 €). Après la menace grandissante d'exécution, les défenseurs du pr. Aghajari se sentent soulagés quant au verdict du nouveau procès, mais refusent d'accepter des compromis. Cette affaire est une violation grave de la liberté d'expression. Les dirigeants ont abusé de l'ordre judiciaire pour essayer de museler un critique puissant, a indiqué un représentant du Groupe Rationaliste Iranien RA, qui exige un "acquittement de première classe" sans aucune restrictions pour le pr. Aghajari, et son rétablissement dans ses anciennes fonctions. [ voir également les rapports dans les bulletins #106, #108, #124, #127, cliquer ici pour le texte du discours de Hamedan]
Nigeria: une dangereuse campagne de calomnies contre les athées Islam Online, un site Web international d'information et de foi islamiques, est en train de répandre un compte-rendu extrêmement trompeur et dangereux provenant d'Abuja, capitale du Nigeria, et qui pourrait attiser la haine et la violence contre les athées au Nigeria. L'état le plus peuplé d'Afrique est aux prises avec de sanglantes guerres civiles intercommunautaires qui ont coûté des milliers de vies ces dernières années. Le "compte-rendu" affirme que neuf athées nigérians, arrêtés pour avoir attaqué le 18 juillet de paisibles pratiquants dans une mosquée d'Abuja "avec des couteaux et des haches", "comparaîtront devant la Cour Suprême de l'état d'Osun ce mercredi pour y répondre d'accusations de désordre public, d'avoir endommagé des biens publics, fait obstacle à la liberté de religion, et déclenché une rébellion sectaire." Pour achever de déconcerter et de provoquer les lecteurs musulmans, l'article affirme que des "sectes athées" soutenues par une "coalition américano-christiano-athée" ont déjà orchestré de telles attaques dans le passé, et ont été responsables de meurtres et d'assassinats planifiés de musulmans au Nigeria. "C'est une tentative calculée pour faire chanter les athées nigérians et de les dépeindre comme violents" dit Leo Igwe, secrétaire exécutif du Mouvement Humaniste Nigérian (NHM), une alliance d'athées, de rationalistes et d'humanistes au Nigeria. Le NHM est depuis longtemps une épine dans le pied des durs de l'Islam, car il apporte une aide légale à ceux qui sont accusés de blasphème ou d'adultère selon la Charia. Bien que la loi nationale soit basée sur une combinaison de loi traditionnelle et de loi commune anglaise, les Etats à dominance musulmane du nord du Nigeria ont établi la Charia. "Nous sommes choqués par cette falsification extrême de l'histoire" dit Leo Igwe "et nous voulons affirmer catégoriquement qu'il n'existe aucune secte athée au Nigeria, et qu'il n'y a jamais eu aucun cas de rixes et de tueries par des athées dans l'histoire du Nigeria. A la place, le Nigeria a une histoire sanglante de conflits entre musulmans et musulmans, musulmans et chrétiens, musulmans et animistes, chrétiens et chrétiens, chrétiens et musulmans, chrétiens et animistes. Et dans tous les cas de saignée religieuse dans le pays, des athées ont été des victimes ! Nous exigeons donc que le correspondant d'Islam Online à Abuja cesse cette campagne de calomnies, de désinformation et de contrevérités." Traduction : Frédérique Bitton et Thomas Zartregu Les destinataires du Bulletin de Rationalist International peuvent éditer, diffuser, réexpédier ou reproduire des articles et des extraits de celui-ci, en signalant toutefois la source Rationalist International Bulletin # 129.
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