Vatican: Un programme de détournement d’enfants Après la fin de la seconde guerre mondiale, le Vatican a envoyé un ordre secret aux autorités de l’Eglise française leur ordonnant de garder sous leur tutelle tous les enfants baptisés issus de familles juives et qui avaient été placés dans des foyers et des couvents catholiques durant l’occupation des nazis en France. Le Vatican avait décidé que ces enfants ne devaient pas être rendus à leurs parents juifs survivants, mais remis à des institutions chrétiennes afin de leur assurer une éducation chrétienne. Cet ordre secret du Vatican, un document en langue française daté du 23 octobre 1946 a récemment été exhumé par des historiens de l’Eglise italiens et publié en traduction dans le respectable quotidien Corriere della Sera. Mais il a déclenché une autre controverse, à propos du pape Pie XII, accusé d’avoir soutenu les régimes fascistes en Italie, en Allemagne et en Croatie au cours de la seconde guerre mondiale. En dépit de son rôle ambigu pendant la guerre, le pape Pie XII figure actuellement en tête de liste des candidats à la béatification. Néanmoins après cette nouvelle controverse, d’aucuns réclament l’arrêt du procès en béatification ainsi que la mise sur pied d’une commission indépendante en vue de déterminer combien d’enfants juifs ont été littéralement kidnappés par l’Eglise catholique après la guerre. L’ordre secret donne des instructions détaillées sur la manière d’exécuter le plus efficacement et le plus secrètement possible le programme de détournement d’enfants. Afin d’éviter une résistance de la part des autorités juives, il ne fallait jamais répondre par écrit à leurs demandes, et il fallait leur donner l’impression que chacune de leurs demandes de restitution d’un enfant était soigneusement évaluée et traitée au cas par cas. De cette manière, les autorités juives attaqueraient au cas par cas des centaines de décisions censées être prises individuellement, perdant ainsi toute chance de monter un combat politique à l’encontre d’un programme de détournement d’enfants systématique et centralisé. Selon le document, "la décision a été prise par le Saint Office et a bénéficié de l’approbation du Saint Père". Mais on discute toujours pour savoir qui l’a réellement rédigée et qui l’a réellement reçue. Selon les historiens, auteur et receveur sont probablement une seule et même personne : Angelo Giuseppe Roncalli, alors légat du pape en France, était en tout cas le plus responsable de l’exécution de l’ordre secret. Roncalli, le futur pape Jean XXIII, est souvent appelé " le bon pape ", parce qu’il semblait être l’un des rares papes dans l’histoire à ne pas avoir les mains sales. Ce document, qui va être publié l’an prochain en même temps que les journaux tenus en France par Roncalli, pourrait bien ternir cette réputation.
Arabie Saoudite : une démocratie sans les femmes ! L'Arabie Saoudite, royaume islamique ultra-conservateur, organise les premières élections publiques de son histoire. En trois étapes, en commençant le 11 février par la capitale Riyad et ses environs, la moitié des membres des 178 conseils municipaux locaux à travers le royaume seront élus. L'autre moitié seront désignés par le gouvernement. Pourtant, ce prudent premier pas que fait la monarchie vers la démocratie exclut plus de la moitié de la population saoudienne : les femmes n'ont pas le droit d'y participer. Bien qu'il existe des règlements disant que tous les citoyens de plus de 21 ans (sauf le personnel militaire) ont le droit de voter, cette élection est une affaire exclusivement masculine. Les rues de Riyad sont remplies d'affiches de candidats masculins, portant tous le couvre-chef saoudien traditionnel et s'adressant aux "frères citoyens". Dans une Arabie Saoudite qui est le quartier général mondial du monde islamique sunnite - de façon très semblable au Vatican qui est le quartier général du catholicisme - il va sans dire que tous les citoyens se traduit par seulement les hommes. Mais quelques voix - des voix mâles - s'élèvent pour proposer que, la prochaine fois, les femmes soient autorisées à mettre leur bulletin dans l'urne.
Inde : de pieux espions Les missionnaires chrétiens sont très actifs dans le nord-est de l'Inde. Nombre d'entre eux, pourtant, ne sont pas à la recherche d'âmes à sauver. Ils s'affairent à collecter de l'information et à faire des rapports. Certains habitants locaux, pris de soupçons, ont découvert que ces "missionnaires" travaillent pour un projet du nom de " Ploughshare" (soc de charrue), financé par l'Institut d'Etudes sur la Paix et les Conflits (Institute of Peace and Conflict Studies) au Canada. Le "Projet Ploughshare" est une étude en profondeur sur les nombreux groupes d'insurgés qui opèrent dans la région, sur les actions qu'entreprend contre eux le gouvernement indien, et sur la position des Etats voisins. Le nord-est est une région politiquement sensible de l'Inde ; elle est d'une importance stratégique particulière pour toute l'Asie du sud-est. Elle inclut des Etats et unions de territoires comprenant Assam, Sikkim, Mizoram, Tripura, Manipur et Nagaland.. Exceptée une bande étroite de territoire qui la relie au reste de l'Inde, elle a des frontières avec le Bhutan, la Chine, la Birmanie et le Bengladesh. Cette partie de l'Inde est constamment agitée par des groupes d'insurgés qui tirent partie de sa situation exposée. Les églises chrétiennes basées aux USA et au Canada envoient des espions "missionnaires" dans la région pour observer la situation politique et militaire, et envoyer des rapports réguliers. L'information qu'ils rassemblent comprend des études sur les divers groupes d'insurgés, leurs membres, leurs équipements, objectifs et techniques, ainsi que des études sur ceux qui "prennent part au conflit" et des détails sur leurs rencontres et position sur la région frontalière : l'armée indienne, l'armée de la Birmanie, l'armée du Bhutan, l'armée du Bengladesh, la police d'Assam y compris toutes les unités spéciales et commandos etc. Le "Projet Ploughshare " semble être l'un des nombreux réseaux d'espionnage opérant sous couverture religieuse dans cette région explosive. Les destinataires du Bulletin de Rationalist International peuvent éditer, diffuser, réexpédier ou reproduire des articles et des extraits de celui-ci, en signalant toutefois la source Rationalist International Bulletin # 140.
|