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Etats-Unis : La Fondation « Freedom from Religion » s’attaque à la « Faith-Based Initiative » L’organisation « Freedom from Religion Fondation », un vaste groupe d’athées et agnostiques américains, est sur le point d’entamer son combat le plus marquant. La Cour suprême des Etats-Unis entendra ses arguments à l’occasion du procès intenté contre « l’initiative basée sur la religion » du président Bush. Ce programme aide les organisations religieuses à obtenir des subventions gouvernementales dans le cadre de services sociaux. La Cour devra décider si les contribuables peuvent engager des procédures au sujet de subventions fédérales qui favorisent la religion. Le message d’Annie Laurie Gaylor, co-présidente de la Fondation, est clair : Dieu doit rester hors du gouvernement. « Ce qui est en jeu, c’est le droit de refuser l’institutionnalisation de la religion par le gouvernement » déclare Mme Gaylor. L’affaire soumise à la Cour suprême argue que les Conférences de la Maison Blanche proposant l’initiative basée sur la religion se transforment en mobilisations inconstitutionnelles pro-religion. « Nous avons le sentiment qu’il y a eu une prise de contrôle d’un « droit religieux » par notre gouvernement et qu’il est temps à présent que nous intervenions » ajoute Mme Gaylor. Annie Gaylor et son époux Dan Barker, un ancien pasteur fondamentaliste qui s’est retourné contre la religion, sont les co-présidents de la Fondation « Freedom from Religion ». Sa mère, Anne Nicol Gaylor, a fondé l’organisation en 1978 pour contrer l’influence religieuse au sein du gouvernement, après des affrontements avec des leaders religieux sur le thème de l’avortement. Parmi ses victoires, l’organisation compte l’arrêt des subventions à une institution caritative de Milwaukee, que Bush avait visitée au cours de sa campagne en 2000, et à un groupe de l’Arizona qui endoctrinait des enfants de prisonniers. L’organisation « Freedom from Religion Fondation » compte 8.500 membres dans 50 états, surtout en Californie. Ses membres se considèrent comme des libres-penseurs qui se forgent une opinion en s’appuyant sur la raison et non sur la foi. Mme Gaylor espère qu’une campagne lancée sur des radios progressistes, sur internet et dans des magazines libres aidera le groupe à atteindre les 10.000 adhérents cette année encore. Le recensement « American Religious Identification Survey » de 2001 estimait que 29 millions d’Américains étaient sans religion, deux fois plus qu’en 1990. L’étude, menée par le « Graduate Center » de la City University de New-York, estimait que 1,9 millions d’entre eux se considèrent comme athées ou agnostiques. Avant sa bataille contre la « Faith-Based Initiative », l’organisation « Freedom from Religion Fondation » avait fait cesser les prières au cours de la remise des diplômes de l’université du Wisconsin et fait rayer le vendredi saint des vacances officielles au Wisconsin. Pakistan : un fanatique assassine une ministre et militante des droits des femmes
Zilla Huma Usman, 35 ans, ministre pakistanaise et militante pour les droits des femmes, a été tuée d’un coup de feu par un fondamentaliste islamiste. Mme Usman s’apprêtait à prendre la parole à une réunion de militants de son parti à Gujranwala, à quelque 200 km au sud-est d’Islamabad, où se trouve son bureau. Au moment où elle descendait de voiture, l’assassin a surgi l’arme au poing et lui a tiré une seule balle dans la tête. Elle a été héliportée vers un hôpital de Lahore mais est décédée peu de temps après son arrivée. Zilla Huma Usman était ministre des Affaires sociales au gouvernement provincial du Penjab. Après avoir été élue députée en 2002, elle s’était alliée à la Ligue Musulmane qui soutient le Président Musharraf. Elle appuyait fermement la politique de « modération éclairée » du Président et militait courageusement en faveur de l’émancipation des femmes. En avril 2005 elle avait encouragé à Gujranwala les compétitions sportives accueillant des participants du genre féminin. Ce programme avait entraîné des émeutes et la police avait dû protéger les sportives contre des militants fanatiques armés qui cherchaient à l’interrompre. Mme Usman gérait également une boutique de mode et encourageait les femmes à porter des vêtements modernes. Elle donnait l’exemple en portant elle-même, à l’instar de nombreuses Pakistanaises exerçant une profession, le salwar kameez (pantalon ample, tunique et châle longs). Mme Usman était mariée à un médecin et mère de deux enfants. L’assassin, Mohammad Sarwar, serait un maçon d’une quarantaine d’années, non affilié à une organisation fondamentaliste, mais déjà connu pour son fanatisme. Après son arrestation, il est apparu calme et détendu, confiant à une télévision qu’il avait exécuté l’ordre de dieu lui enjoignant de tuer une pécheresse. « Je n’ai pas de regrets. Je n’ai fait qu’obéir au commandement d’Allah », ajoutant que l’Islam ne permettait pas aux femmes d’assumer des positions dirigeantes. Il a également critiqué le fait que la ministre n’obéissait pas au code vestimentaire islamique et ne portait pas de voile. « Je tuerai toutes ces femmes qui ne suivent pas le droit chemin, si je retrouve un jour la liberté ». a-t-il déclaré. Sawar avait été déjà été arrêté en 2002, suspecté de meurtre et de mutilations à l’encontre de prostituées, mais il avait été libéré faute de preuves. Dans un rapport récent, la Commission pakistanaise des Droits humains souligne que les violences contre les femmes ont augmenté de façon alarmante, certains incidents étant instigués par des mollahs opposés à toute émancipation des femmes. Les islamistes ont aussi mené campagne contre la Loi de protection des femmes adoptée au parlement en novembre 2006, loi qui cherche à assurer une protection aux femmes souffrant de discriminations sous le joug de la sharia islamique. Les femmes sont terriblement sous-représentées dans la vie politique du Pakistan. Elles ne représentent que 20% des parlementaires et il n’y a que trois femmes ministres au gouvernement fédéral. Royaume-Uni : Une écolière défie l’interdiction du voile et perd
Une jeune musulmane de 12 ans qui avait tenté de défier l’interdiction de porter à l’école le niqab, voile complet du visage, a perdu son procès devant la Cour suprême. Le tribunal a rejeté l’argument de son avocat selon lequel l’interdiction de porter le voile violait les droits humains de la jeune fille. La jeune fille, dont l’anonymat est protégé par ordonnance, s’est mise à porter le niqab en septembre dernier lorsqu’elle a atteint la puberté. L’école l’avisa que ce n’était pas acceptable, parce que les enseignants pensent que cela rend difficiles la communication et l’étude. Le niqab couvre tout le visage sauf les yeux. Sur 120 étudiantes musulmanes dans cet établissement de 1300 filles du Buckinghamshire, elle était la seule à vouloir absolument porter le niqab en présence d’enseignants ou de personnel mâles, tandis que 60 autres filles portent le voile hijab, qui laisse leur visage découvert. Son avocat a argué que sa cliente et ses parents avaient une « attente légitime » à porter le niqab, puisque 3 de ses sœurs aînées l’avaient fait quand elles étaient dans cette même école. L’interdiction, a-t-il dit, est un abus contre sa liberté de « pensée, de conscience et de religion », qui est garanti par l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme. L’école a également reçu le soutien du Centre Musulman d’Education à Oxford, lequel a convenu que tous les musulmans ne sont pas d’accord avec le port du niqab. Espagne : L’Eglise catholique mène une bataille juridique pour arrêter un exode massif Des milliers d’Espagnols souhaitent quitter l’Église catholique romaine. Mais l’Eglise ne veut pas les laisser partir. A Madrid et Valence, les évêques se sont tournés vers les tribunaux pour essayer d’enrayer cet exode massif. C’est la dernière étape de la lutte en cours entre l’Église catholique et le mouvement anticlérical grandissant en Espagne. Tout a commencé lorsque 47 ex-catholiques ont décidé de quitter le troupeau et ont demande à être officiellement rayés des registres paroissiaux. Comme cette satanée inquisition n’est plus là pour forcer les apostats à se soumettre, les autorités ecclésiastiques ont essayé de les arrêter par la force de l’arrogance. Elles ont tout simplement refusé de rayer leurs noms des registres paroissiaux. Les futurs apostats ont alerté l’Agence Nationale pour la Protection de Données, pour qui les données des registres paroissiaux sont considérées comme privées et doivent donc, légalement, être effacées à la demande. L’Église n’a pas obtempéré. Ce refus obstiné de respecter une décision privée de se désaffilier a été un catalyseur pour tous ceux qui étaient déjà mécontents de l’Église. Quand le Pape s’est rendu en Espagne en juillet 2006, 1500 personnes ont manifesté dans les rues en exigeant que leurs noms soient effacés des archives de l’Église.
Entre temps, un arrêt de la Cour suprême donnait raison à l’Agence Nationale pour la Protection de Données et condamnait l’Église. Mais, au lieu d’accepter les limites de leurs pouvoirs, les évêques ont entamé une bataille légale en invoquant l’apostasie et ils ont fait appel. Leur argument est spécieux : les registres des baptêmes sont des documents historiques qui ne peuvent être changés ! L’Église catholique perd du terrain en Espagne. Même si officiellement 82% des habitants sont catholiques, seuls 48% sont pratiquants. Et, croyants ou non-croyants, 75% sont convaincus que la hiérarchie de l’Église n’est pas en phase avec la réalité d’aujourd’hui et veulent que son influence soit réduite. La vaste majorité est en faveur du referendum social introduit par le gouvernement socialiste du Premier ministre Zapatero, qui ouvre la voie vers la recherche sur les cellules souches, le divorce plus rapide et plus facile, la reconnaissance du mariage homosexuel ainsi que le droit d’adoption pour les couples homosexuels. Nouvelle-Zélande : pas de religion d’Etat Une Déclaration nationale révisée relative à la diversité religieuse a retenu le principe selon lequel la Nouvelle-Zélande n’a pas de religion d’Etat. Joris De Bres, Commissaire en charge des relations raciales, a déclaré que ce point était repris dans la version actualisée qui a été rendue publique lors d’un forum national interreligieux à Hamilton. « Nous commençons par les mots : l’Etat cherche à traiter également devant la loi … toutes les communautés de foi et celles qui ne professent aucune religion. La Nouvelle-Zélande n’a pas de religion d’Etat. » La Première Ministre Helen Clark a tenu le même propos que M. De Bres dans l’émission Newstalk ZB : « Il n’y a pas, et il n’y aura pas de religion d’Etat. Nous sommes aujourd’hui des peuples très divers et nous ne pourrions tout simplement pas nous mettre d’accord sur une religion d’Etat – ce n’est pas comme dans un pays scandinave où les gens sont virtuellement nés dans l’Eglise luthérienne, et doivent y renoncer plus tard ». Selon M. de Bres, “ Pour autant que je sache, c’est un état de fait » déclare M. De Bres. La diversité était un fait en Nouvelle-Zélande ». L’objectif de cette déclaration est essentiellement d’exposer quelques règles de base très simples en matière de tolérance et de respect des droits humains, et cela veut dire : les droits humains des gens qui sont religieux et les droits humains des gens qui ne le sont pas ». Au mois de mai, la Première Ministre Helen Clark doit présenter la Déclaration entérinée lors d’un dialogue interconfessionnel asiatique à Waitangi. La Déclaration a été rédigée pour la Commission des droits humains par le Professeur Paul Morris, qui enseigne l’étude des religions à l’Université Victoria. Le processus de consultation populaire a été mené à bien par le Commissaire en charge des relations raciales et la Commission des droits humains. Il a impliqué des conseils municipaux, des conseils interconfessionnels et des groupes religieux et communautaires à travers la Nouvelle-Zélande. Il y a eu des propositions émanant de rencontres et de groupes interconfessionnels, des Exclusive Brethren (évangélistes), de la Destiny Church, des évêques catholiques, du Vision Network (évangélistes), des rationalistes, humanistes, hindouistes, bouddhistes, des bahà’is, juifs, sikhs, quakers et bien d’autres encore. Les rationalistes ont soulevé la question des Néo-Zélandais qui ne professent aucune religion : ils sont plus d’un million. Chine : fiancées assassinées pour le marché des mariés d’outre-tombe En janvier 2007 la police de la province de Shaanxi dans le nord de la Chine arrêtait Yang Dongyang et quatre de ses complices. Le gang s’était spécialisé dans un trafic macabre. Ils assassinaient des jeunes femmes et les vendaient comme épouses pour les esprits d’hommes morts non mariés. La croyance en un au-delà est répandue en Chine. Les membres survivants d’une famille considèrent qu’il est de leur devoir de veiller aux besoins et aux désirs des esprits de leurs ancêtres et parents décédés en s’assurant qu’ils ont tout ce qu’il leur faut dans l’autre monde. Lors des funérailles, on brûle de l’argent factice ainsi que des maisons ou des voitures en papier ou d’autres objets dont le défunt pourrait avoir besoin. Si un jeune homme meurt avant d’être marié et que sa famille veut lui offrir la compagnie d’une épouse dans l’autre vie, elle trouve une morte convenable et l’enterre avec lui après avoir accompli une cérémonie de mariage pour le couple fantôme. Cette pratique appelée yin hun est une tradition remontant à plus de deux mille cinq cents ans. Bien qu’interdite par la loi, elle est encore pratiquée par des villageois superstitieux sans éducation. Des intermédiaires concluent des contrats secrets entre familles de jeunes gens non mariés. Vendre le corps d’une jeune fille pour le yin hun fait d’elle une femme mariée et élève son statut social. L’argent versé sert de compensation à la dot que ses parents ont perdue en raison de sa mort. Il est commun dans la Chine rurale, en échange de la dot, de vendre des filles à leur futur époux ou à des intermédiaires qui les revendent avec bénéfice. Certaines filles sont vendues plusieurs fois avant d’être réellement mariées. Yang Dongyang est un ancien trafiquant d’épouses. Lorsqu’une fille handicapée dont il avait fait l’achat ne se vendait pas bien, il la tuait et la revendait pour le yin hun, avec une marge bénéficiaire. « C’est un moyen rapide de faire de l’argent » a-t-il déclaré sans le moindre remords, à son arrestation. Dans certaines zones, une épouse morte, si elle est belle et en bon état, peut rapporter quatre fois plus qu’une épouse vivante, et les handicaps ou problèmes mentaux ne sont plus un problème. Les destinataires du Bulletin de Rationalist International Bulletin peuvent publier, diffuser ou reproduire ses articles en remerciant la source: Rationalist International Bulletin # 164. Copyright © 2007 Rationalist International.
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