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Egypte : un blogueur condamné pour insulte à l’islam
Abdel Karim Souleiman, 23 ans, ex-étudiant en droit, a été condamné à 4 années d’emprisonnement par une Cour d’Alexandrie, pour avoir insulté à la fois l’islam et le Président égyptien Hosni Moubarak, dans des articles publiés sur son blog internet. Le procès n’a pas duré plus de quelques minutes. Le juge l’a condamné à 3 ans pour incitation à la haine de l’islam et à 1 an pour insulte au Président, qu’il a traité de dictateur. Souleiman est la première personne en Egypte à être condamnée pour avoir simplement exprimé son opinion sur l’internet. La peine a été confirmée en appel le 12 mars. Souleiman étudiait à l’université al-Azhar, principal institut d’enseignement de l’islam sunnite [voir aussi l’article suivant]. Lorsque dans son blog il critiqua l’université pour avoir supprimé la libre pensée et promu des idées extrémistes, la qualifiant " d’université du terrorisme ", elle l’expulsa et fit pression pour qu’il soit traîné en justice. Arrêté en novembre 2006, il a été maintenu à l’isolement depuis lors. Parmi les articles incriminés pour insulte à l’islam, figure un rapport intitulé " la vérité toute nue sur l’islam tel que je l’ai vu ". Il décrit comment des musulmans ont sauvagement attaqué des chrétiens qui regardaient en vidéo, dans leur église, une pièce de théâtre prétendument anti-islamique, en 2005 à Alexandrie. La publication de ce rapport entraîna la première arrestation de Souleiman, qui fut relâché après 12 jours. Même si de nombreux blogueurs dans l’opposition ont été arrêtés l’année dernière – certains en relation avec une vidéo montrant des brutalités policières – l’internet est resté le principal forum de critique politique dans le pays. Depuis l’introduction d’une nouvelle loi très dure sur la presse en 2006, la presse est strictement contrôlée et il y a eu de nombreuses violations de la liberté de la presse. Le procès et la condamnation de Souleiman ont produit des ondes de choc parmi les internautes, vu le dangereux précédent ainsi créé. L’organisation " Reporters sans Frontières ", basée à Paris, a classé l’Egypte parmi les 13 pays " ennemis de la liberté sur l’internet " et elle exige que les Nations Unies réagissent à la condamnation de Souleiman en écartant l’Egypte pour l’organisation du forum sur la gouvernance de l’internet prévu en 2009. Allemagne : " Nous avons abjuré" création du Conseil Central des Ex-Musulmans par Mina Ahadi
Mina Ahadi, née en Iran et militante des droits humains en Allemagne, vient de fonder le " Conseil Central des Ex-Musulmans ". Avec 29 autres apostats issus de pays musulmans, presque tous des femmes, elle veut tendre la main à tous ceux qui désirent quitter le giron de l’islam. L’organisation siège à Cologne. Son nom est une réplique ironique du " Conseil Central des Musulmans " qui, avec ses 800.000 membres, est le plus important groupe de culture musulmane en Allemagne. Plus de 3 millions de personnes vivant en Allemagne sont nées dans des communautés musulmanes. Selon Mina Ahadi, une grande partie d’entre elles ont plutôt l’esprit laïque. Mais elles n’avaient aucun porte-parole dans le pays. Les organisations musulmanes prétendent parler au nom de tous les immigrants venus de pays musulmans et elles s’efforcent d’étendre leur emprise sur la vie privée des gens, même s’ils ne sont pas membres. Et ce, avec l’assentiment des autorités allemandes. Mme Ahadi veut leur donner une voix et constituer un contrepoids à l’influence des organisations musulmanes. En février dernier, les ex-musulmans lançaient une courageuse campagne sous le slogan " nous avons abjuré ", publiant photos et témoignages de leurs membres. En quelques jours ils enregistraient plus de cent demandes d’adhésion. Entre-temps, Mina Ahadi a dû être placée sous protection policière. Elle a reçu des menaces de mort depuis la création du Conseil des Ex. Apostasier l’islam entraîne encore toujours la peine de mort dans des pays tels que l’Arabie saoudite, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Iran et le Soudan. Même en Europe, il y a suffisamment de fondamentalistes susceptibles de tuer des apostats au nom d’Allah. Mais ces menaces de mort ne découragent pas l’optimiste Mina Ahadi. " Nous voulons créer un nouveau mouvement " dit-elle " également dans d’autres pays européens. Nous espérons bientôt 10.000 membres, représentant beaucoup plus de gens encore. " Mina Ahadi était également à l’initiative du Comité International contre les lapidations et les exécutions. Elle avait fui l’Iran après que les autorités eurent exécuté son mari, lui aussi activiste politique, le jour de leur premier anniversaire de mariage. La Vice-Présidente du Conseil des Ex est l’écrivaine et journaliste d’origine turque Arzu Toker. Le Conseil a reçu le soutien de la Fondation allemande athée " Giordano Bruno ". R.U. : dons d’ovocytes autorisés pour la recherche Le gouvernement britannique a pris une décision qui fait date, en autorisant les femmes à donner bénévolement des ovules à la recherche scientifique. Jusqu’à présent, seuls des ovules développés dans le cadre d’un traitement médical procréatif pouvaient faire l’objet d’un don (" egg-sharing "). " Les dons altruistes " ne seront pas rémunérés, mais les donneuses pourront être dédommagées de leurs frais jusqu’à 370 €. La décision a été communiquée par la Haute Autorité britannique en charge de l’aide à la procréation assistée et de la recherche en embryologie (HFEA), pour pallier la faible disponibilité d’ovocytes disponibles pour la recherche. En vertu de la nouvelle législation, des femmes n’ayant pas les moyens de payer les coûteux traitements de fertilité pourront bénéficier d’une FIV (fécondation in vitro) à frais réduits en échange d’un don d’ovules surnuméraires. Angela McNab, directrice générale de la HFEA répondait à des questions sur les risques de mort pour les donneuses : " Etant donné que les risques médicaux de dons pour la recherche ne sont pas plus élevés que ceux des traitements de fertilité, nous avons conclu que ce n’est pas à nous d’enlever aux femmes le choix déterminant l’utilisation de leurs dons d’ovocytes ". " Voilà plus de 20 ans que les femmes font des dons d’ovules, en général celles qui subissent une stérilisation, cas où les ovocytes sont utilisés pour étudier les premiers stades du développement embryonnaire. " dit le Professeur Peter Braude, directeur du Centre de préimplantation et de diagnostic génétique au Guy's and St Thomas' Foundation Trust. " Maintenant, la différence est que les femmes peuvent être sollicitées comme volontaires pour une stimulation ovarienne afin de développer des ovules destinés spécifiquement et exclusivement à la recherche ". Cette décision pourrait contribuer à faire progresser la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Le manque d’ovocytes humains nécessaires pour cloner les embryons à partir desquels des lignées cellulaires peuvent être dérivées, constitue un grave goulot d’étranglement technique. Les chercheurs sur les cellules souches travaillent en vue d’une percée significative en médecine régénératrice. Bientôt ils pourraient arriver à créer des greffes parfaites pour remplacer des tissus endommagés, en utilisant des cellules souches avec leurs gènes originaux. Cette technique pourrait aider à traiter de nombreuses maladies et bénéficier à des millions de gens. Par exemple, elle permettrait de réparer des lésions de la moelle épinière, des muscles cardiaques endommagés par des crises cardiaques ou de remplacer des cellules du cerveau tuées par la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer. Une attaque obscène S’il existait une récompense pour l’attaque la plus obscène contre le don d’ovocytes à des fins de recherche, elle devrait être décernée au " Centre Humaniste Appignani-IHEU pour la bioéthique " à New York. Dans sa déclaration, Ana Lita, directrice et (seule) représentante du Centre ne mâche pas ses mots sur les tenants et aboutissants de la nouvelle réglementation. Elle nous prêche un sermon sur la méprisable stature morale des donneuses d’ovocytes, en particulier si elles acceptent des compensations financières. Sa tirade n’est rien de plus qu’une nouvelle version du bon vieux puritanisme chrétien. Mais sur un mode un peu plus aigu et fondamentaliste que l’air bien connu : non seulement avoir des rapports sexuels autrement que pour créer une nouvelle famille et de nouveaux membres de la communauté, c’est un péché mortel – voilà que le simple fait de produire des ovules en est un lui aussi ! Comparant le don d’ovocytes pour la recherche scientifique à la prostitution, elle écrit : " Beaucoup de gens n’ont pas de problème avec une loi qui permet à d’autres de payer pour le sexe; mais peu de gens qualifieront cela d’éthique et moins de gens encore recommanderaient une telle pratique à leurs mères, filles ou sœurs. Personne ne veut avoir une sœur ou une fille qui fait des études pour finir par devenir une vendeuse d’ovules ". Si vous pensez que ce " Centre Humaniste Appignani pour la bioéthique " est un outil de la droite chrétienne américaine, vous vous trompez complètement. Malheureusement, il a été introduit l’an dernier comme la nouvelle vedette de l’organisation humaniste. La déclaration du " Centre Appignani " a provoqué embarras et confusion parmi les rationalistes et humanistes qui en ont eu connaissance. Une mise au point de la part des humanistes associés au " Centre Appignani " serait la bienvenue. Egypte : une écrivaine de renom sous la menace d’une plainte pour pièce blasphématoire
L’université musulmane sunnite al-Azhar au Caire prépare une nouvelle attaque. Elle fait pression pour obtenir un procès en blasphème contre la célèbre auteure égyptienne Nawal al-Saadawi, en raison de sa pièce de théâtre " Dieu démissionne du sommet ". Le censeur principal d’al-Azhar, le cheikh Mohammed Sayyed Tantaoui, président du " Centre de recherches islamistes " a annoncé que la pièce de théâtre ferait l’objet d’une plainte judiciaire. L’écrivaine, actuellement à Bruxelles, qualifie le procédé de " vengeance d’al-Azhar ". Deux de ses romans ont déjà été interdits à l’initiative de cette université islamique. La pièce contestée, publiée en décembre 2006, est une allégorie traitant des problèmes de l’Egypte contemporaine, a-t-elle expliqué. Sous la pression grandissante des musulmans fondamentalistes, son éditeur a dû retirer le livre de la Foire Internationale du Livre au Caire en janvier 2007, de même que la dernière édition de l’autobiographie d’al-Sadaawi, dont tous les exemplaires ont été mis au pilon. Le Dr. Nawal al-Saadawi, 75 ans, médecin psychiatre, a toujours critiqué ouvertement la religion et défendu les droits de la femme. Tout en occupant des fonctions officielles de haut niveau telles que directrice de la santé publique au Ministère égyptien de la santé et conseillère aux Nation Unies sur les programmes pour les femmes en Afrique et au Moyen-Orient, elle été une écrivaine féconde tout au long de sa vie. Ses romans brisant les tabous sur la vie des femmes au Moyen-Orient ainsi que ses nombreux essais l’ont diabolisée aux yeux des autorités islamiques. Après avoir publié un livre sur les femmes et la sexualité, elle avait été licenciée du Ministère de la santé. Thaïlande : Les enfants s’amusent à gambader au temple Pour les enfants thaïlandais, il n’a jamais été aussi facile de se faire de l’argent de poche. Le gouvernement leur donne un petit boulot très spécial : gambader d’un temple à l’autre. Tout ce qu’ils ont à faire, c’est se présenter dans l’un des 80 lieux de culte et faire enregistrer leur visite dans un carnet. Vingt visites leur rapportent 1000 bahts (environs 25 Euros). Cette nouvelle façon de dilapider les fonds de l’Education nationale est l’initiative du ministère du développement social et de la sécurité humaine. Le ministre Paiboon Wattanasiritham est convaincu qu’" amener les enfants aux temples, églises et mosquées est une manière de les rapprocher du Dharma et de la bonté. Ils deviendront de bons adultes dans notre société ". Les cibles principales de cette campagne sont les enfants du primaire. La liste des lieux de cultes inclut des mosquées et des églises, mais la campagne vise principalement le bouddhisme, religion d’état en Thaïlande. Le gouvernement estime qu’il y a un désintérêt grandissant pour la religion dans le pays et que le bouddhisme est davantage touché que les religions minoritaires, christianisme et islam. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement emploie des méthodes quelque peu étranges pour venir au secours de la religion d’état. Il y quelque temps, des " coins bouddhistes " ont été aménagés dans les grands magasins. Mais peu de gens y ont prêté attention et la campagne s’est soldée par un échec. USA : vision fugitive d'une nation sans slogan religieux
Le 15 février 2007, Madalyn Murray O’Hair aurait bien ri si elle était encore en vie. Depuis maintenant près de 70 ans, chaque pièce de monnaie d'un dollar frappée aux Etats-Unis porte l'inscription "In God we trust" (nous plaçons notre confiance en Dieu) – slogan qui est même devenu la devise nationale en 1956. En 1978, la responsable athée américaine Madalyn Murray O’Hair a intenté une action en justice contre l'inscription religieuse, en tant que violation des principes de laïcité proclamés dans le Premier Amendement à la Constitution Américaine. Mais cette action, pas plus que les suivantes, n'a jamais obtenu la suppression de la devise. Dieu et le Dollar semblaient inséparables – jusqu'au 15 février 2007. Ce fut le jour où, soudainement et sans crier gare, des milliers de pièces d'un dollar neuves – le nombre exact reste inconnu à ce jour – à l'effigie de George Washington mais sans dieu - sortirent du très officiel US Mint à Philadelphie, franchirent miraculeusement toutes les inspections et entrèrent en circulation. Leur tranche, où l'inscription "In God we trust" aurait dû se trouver, était ostensiblement nue, lisse et sans ornement.
Nombreux furent ceux qui ne crurent pas à une simple erreur de production. Certains soupçonnèrent une conspiration blasphématoire. D'autres encore prirent grand plaisir à contempler le dollar sans inscription, y voyant le symbole de la défaite divine. Et ceux qui l'ont connue se souvinrent de Madalyn Murray O'Hair, l'influente présidente des American Atheists. Pour eux, la pièce de monnaie à tranche lisse sonne comme un rappel : la bataille pour la laïcité est loin d'être gagnée. Inde: Les miracles de Satya Saibaba discutés dans le blog de l'Association Rationaliste Indienne D’un geste de main magique, le messie indien Satya Saibaba "crée" des colliers dorés et de la vibhuti (cendre sacrée pour les cérémonies hindoues). Parmi ses disciples, on trouve présidents et premiers ministres de l’Inde. Les caméras de télévision ont enregistré de nombreuses fois la façon dont Saibaba accomplit ses exploits. Plusieurs clips vidéo des miracles de Saibaba peuvent être téléchargés et visionnés sur le blog de l'Association Rationaliste Indienne. http://indianrationalists.blogspot.com/ Les destinataires du Bulletin de Rationalist International Bulletin peuvent publier, diffuser ou reproduire ses articles en remerciant la source: Rationalist International Bulletin # 165. Copyright © 2007 Rationalist International.
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