Mexico City: Amnesty International annonce sa nouvelle position sur l'avortement Amnesty International a adopté une nouvelle position sur l’avortement. L’annonce officielle a eu lieu à l’issue de la dernière réunion de sa section mexicaine, à Mexico City. La célèbre ONG au service des droits humains a abandonné sa position de neutralité sur l’avortement et elle compte dorénavant soutenir ouvertement la décriminalisation de l’avortement et la possibilité d’y recourir dans les cas de viol, d’inceste et de menace pour la vie ou la santé de la mère. Ce changement de politique – en discussion dès avril 2007- a été appuyé par une majorité écrasante dans les différentes sections nationales d’Amnesty International. La réaction du Vatican– traditionnellement grand défenseur de l’association - a été de demander à toutes les organisations catholiques dans le monde de retirer leur soutien à l’organisation humanitaire. Mexico City était un lieu approprié pour une telle proclamation. Municipalité gérée depuis 1997 par des élus de gauche, cet îlot assiégé dans un pays qui est le deuxième Etat catholique romain du monde, a légalisé l’avortement en avril dernier – malgré l’énorme pression du clergé. " Aucune Eglise ni religion ne peut imposer sa vision du monde dans cette ville " a déclaré Victor Hugo Cirigo, président de l’assemblée municipale qui a voté à une large majorité en faveur d’un projet de loi autorisant l’avortement dans les trois premiers mois de la grossesse. Le Parti de la révolution démocratique de Cirigo se prépare déjà à une autre bataille contre l’Eglise catholique : il envisage de légaliser l’euthanasie. Nigeria: une nigérianne dépecée par des tueurs fétichistes Des tueurs à la recherche de morceaux de corps humains pour confectionner des objets de magie ont massacré une femme à la machette et sérieusement blessé deux fillettes dans une zone rurale isolée du centre du Nigeria, a annoncé la police. A l’annonce de la tuerie, des dizaines de villageois ont fui le district d’Oju dans l’état de Benue, près de la frontière camerounaise, ce qui a incité les autorités à imposer un couvre-feu du crépuscule à l’aube. " Les deux oreilles de cette femme ont été coupées et ses mains tranchées, elle a été éventrée, son cœur ainsi que son vagin ont été prélevés " a annoncé un porte parole de la police de Makurdi, capitale de l’état. Deux fillettes qui se trouvaient avec la victime ont aussi subi de profondes coupures à la machette mais elles ont survécu et se rétablissent dans un hôpital local, a-t-il ajouté. Les attaques ont eu lieu le 11 août, mais le rapport n’est parvenu à la police de l’état que mardi, faute de moyens de communication. Les meurtres rituels sont courants au Nigeria, le pays le plus densément peuplé d’Afrique, où beaucoup croient que la sorcellerie utilisant des organes humains peut les rendre instantanément millionnaires ou leur assurer une protection. En principe le Nigeria est divisé à peu près également entre chrétiens et musulmans, mais beaucoup mélangent ces deux confessions importées aux croyances traditionnelles. Les sorciers découpent souvent des parties génitales, des yeux, des langues et des crânes humains pour fabriquer des potions, amulettes et autres fétiches. En 2004, la police avait découvert 83 corps mutilés en état de décomposition, lors d’un raid contre des sites consacrés à la magie noire dans une forêt de teck, près de la commune d’Okija dans l’état d’Anambra (dans le sud-est du pays). Environ 30 " docteurs-fétichistes " avaient été arrêtés. L’ancien gouverneur de la province d’Anambra, Chris Ngige, avait admis être allé sur ce site sacré avec ses partisans politiques pour y prêter un serment de fidélité. C’était avant sa prise de fonction en 2003. Espagne: Briser le monopole moral de l'Eglise Catholique Dès la nouvelle année scolaire qui démarre en septembre, les écoliers espagnols suivent un nouveau cours laïque d'éducation civique, ce qui fait s'insurger l'Eglise Catholique. Cette "Education à la citoyenneté" traitera d'éthique, de civisme et de droits humains. Basé sur les valeurs consacrées par la Constitution de 1978, ce cours est conçu pour préparer les élèves de l'école élémentaire et des premières classes de lycée à devenir des citoyens indépendants, responsables et tolérants dans une démocratie pluraliste moderne. L'Eglise Catholique considère ce cours comme un défi lancé à son monopole moral et elle a lancé une furieuse campagne contre lui. L'épiscopat a prévenu les parents catholiques que ces classes de civisme violaient leur droit constitutionnel de décider de la "formation morale" de leurs enfants, et qu'elles devaient être combattues par tous les moyens légaux. L'archevêque de Madrid a menacé d'en appeler à la Cour Constitutionnelle de l'Espagne afin de stopper ce "programme éducatif éthico-moral qui nie la religion". Mais tout cela n'impressionne pas le gouvernement. "Aucune foi ne peut avoir le dessus sur la loi" dit le premier ministre Jose Luis Rodríguez Zapatero dans un discours devant un congrès de la jeunesse le mois dernier. "L'Espagne est un pays laïque, et ses principes laïques garantissent le pluralisme et la tolérance". Pour les évêques, le plus explosif dans le nouveau programme est qu'il traite - parmi de nombreuses autres choses - de la sexualité et de la famille. L'un des buts déclarés est d'apprendre aux enfants à rejeter "les discriminations actuelles pour raisons de genre, d’origine, de différence sociale, de préférence sexuelle ou de tout autre type" et à pratiquer une "évaluation critique des divisions du travail fondées sur des critères sociaux ou de genre, ainsi que des préjudices sociaux racistes, xénophobes, sexistes et homophobes." D'après les évêques, il s'agit d'un "endoctrinement des enfants par l'idéologie sexuelle et le programme social de la gauche" - pour résumer : "Sodome et Gomorrhe". Quand le gouvernement socialiste est entré en fonction en mars 2004, il a changé le climat social de l'Espagne - au grand dam de l'Eglise - avec un ensemble de politiques nouvelles. Il a annulé le projet d'éducation religieuse obligatoire dans les écoles publiques, réduit les financements publics pour les établissements catholiques, assoupli les lois sur le divorce et l'avortement et reconnu les mariages homosexuels. Malgré les hauts cris de l'archevêque selon lequel Madrid est devenue "Sodome et Gomorrhe", le modèle social libéral de Zapatero fait l'objet d'une vaste adhésion dans la population. Lors d'une étude réalisée en juillet par le Centre de Recherche Sociologique à Madrid, plus des deux tiers des personnes interrogées étaient favorables à la légalisation du mariage gay, bien que 77% se décrivent comme catholiques (parmi ces derniers, seuls 16% disent aller à la messe chaque semaine, et 55% presque jamais). L'influence de l'Eglise Catholique est sur le déclin dans ce pays autrefois le plus catholique d'Europe. Le système éducatif est encore l'une de ses chasses gardées : environ un quart des enfants du pays sont éduqués dans des écoles catholiques; ces dernières reçoivent la moitié de leur financement de l'Etat et l'autre moitié de sources non gouvernementales. Mais même parmi les étudiants et parents représentés par l'Association Catholique des Sociétés d'Education Privées à Madrid, 94% n'ont aucune objection contre les classes de civisme. De fait, la furieuse résistance des évêques catholiques contre le nouveau programme risque un retour de bâton. Le gouvernement semble attendre que le temps fasse son oeuvre avant de remettre à sa place l'Eglise Catholique. L'homme derrière le nouveau programme de civisme est Gregorio Peces-Barba Martínez, professeur de philosophie du droit à l'Université de Madrid et l'un des auteurs de la Constitution de 1978. Dans un article du quotidien espagnol El Pais, il a mis en garde les tonitruants évêques de "ne pas trop tirer sur la ficelle". En les critiquant pour leur "extrême arrogance, une impression d'impunité et un sentiment insupportable de supériorité provenant du fait qu'ils prodiguent des 'vérités supérieures', il les accuse de "défier les autorités légitimes, la Constitution et la loi, en essayant d'imposer leurs critères avant le bien commun et la souveraineté populaire qui réside au Parlement" et il les tient pour "responsables de l'agitation qui nuit à la paix sociale". Si l'Eglise Catholique n'était pas capable de s'adapter au nouveau climat social dans la prochaine législature, conclue-t-il, "il serait nécessaire d'aborder le sujet des actes et situations de l'Eglise et d'établir un nouveau statut qui les remette à leur place et qui respecte l'autonomie de l'autorité civile". Les déclarations du professeur Peces-Barba sont considérées comme importantes, du fait de son influence auprès du gouvernement de l'Espagne. Norvège: La Cour européenne des droits de l’homme condamne l’éducation religieuse obligatoire Enfin ! La Norvège doit retirer l’obligation de suivre les cours de religion dans les écoles publiques. La Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg a arrêté le 27 juin 2007 que les cours dits KRL (" religion chrétienne et philosophie de vie ") violent l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le ministre de l’éducation, Oystein Djupedal a annoncé que les changements requis sont en cours de préparation. Cet arrêt met un terme à dix ans de bataille juridique. En 1997, lorsque l’éducation religieuse obligatoire dans la ligne de la " religion d’état officielle " fut rétablie pour tous les élèves des écoles primaires et secondaires de Norvège, sept familles décidèrent de poursuivre l’Etat en justice parce que leurs enfants étaient obligés de participer contre leur volonté à des cours de religion sans pouvoir obtenir de dispense complète. Elles perdirent en première instance et en appel devant la Cour suprême, mais quatre groupes de parents n’en restèrent pas là et en appelèrent à Strasbourg en 2002. " Nous ne pensions pas que nos enfants seraient assez âgés pour boire le champagne lorsque cette décision serait enfin prise ! " s’est exclamé l’un des requérants dont le fils, à qui il voulait éviter l’endoctrinement religieux, avait 10 ans en 1997. Il n’y a pas de séparation entre l’Eglise et l’Etat en Norvège. Les écoles sont liées par la clause générale de vocation chrétienne, et l’Eglise luthérienne évangélique occupe une position dominante dans le cursus. Aussi il était difficile de satisfaire les groupes minoritaires ayant d’autres droits religieux en leur offrant les seuls cours KRL, a noté la Cour. Mais la Norvège est accusée d’une autre violation des droits de l’homme en raison des privilèges dont bénéficie l’Eglise d’Etat de par la Constitution. En effet, selon la Constitution norvégienne, tout gouvernement élu doit proposer un cabinet composé de 50 % de membres de l’Eglise officielle. Ceci viole à la fois la Convention des Nations Unies sur les droits civils et politiques et la Convention européenne des droits de l’homme.
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