Vatican : l'exorcisme pour débutants !

Pour le semestre qui vient, l'Université du Vatican propose une offre spéciale : suivez un cours d'exorcisme accéléré de deux mois et sachez déjouer les ruses du Malin. A part quelques leçons sur la psychologie et la loi, le cours qui se tient au prestigieux Athenaeum Pontificium Regina Apostolorum se concentrera sur les aspects "théologiques, spirituels, liturgiques et pastoraux" de l'exorcisme et armera les candidats pour la guerre sainte contre Satan.

La pratique médiévale désuète de l'exorcisme a bénéficié d'une forte promotion lors du pontificat de Jean-Paul II qui a décrété que chaque diocèse de l'Eglise Catholique Romaine devait nommer au moins un exorciste. Le pape actuel s'est également essayé à l'exorcisme. Et bien qu'aucune de ses trois confrontations avec le diable - la plus récente a eu lieu en septembre 2002 - n'ait réussi à ramener le "possédé" à un comportement normal, l'enthousiasme papal pour les pratiques occultes s'est répandu comme une traînée de poudre.

Ces dernier temps, l'Italie a connu plusieurs affaires spectaculaires de satanisme. La semaine prochaine - dans une affaire qui a captivé l'imagination du public - un tribunal proche de Milan doit se pencher sur des accusations de meurtre portées contre un groupe de jeunes gens accusés d'avoir tué deux adolescents lors d'un rituel satanique. Cette affaire confirme la croyance dans le pouvoir du mal, déclare le père Giulio Savoldi, l'exorciste officiel de Milan depuis plus de vingt ans. Le révérend Gabriele Amorth, exorciste majeur de l'Eglise Catholique Romaine et président de l'Association Internationale des Exorcistes, estime que la plupart des guerres sont causées par le diable. Il pense que Hitler et Staline, par exemple, ont été consacrés à Satan. Parmi les victimes actuellement en vie, qu'il préfère généralement ne pas citer, il compte l'archevêque zambien Emmanuel Milingo, qui a quitté temporairement l'Eglise et épousé une adepte du Révérend Sun Myung Moon à New York il y a quelques années.

Le père Amorth, auteur du best-seller "Un Exorciste raconte", décrit les symptômes typiques de la "possession" tels qu'une aversion violente au signe de croix, une force inhumaine et le fait de parler en langues. Les seules armes de l'exorciste contre le mal sont la croix, l'eau bénite et l'huile d'olive extra vierge. Après un exorcisme réussi, les victimes se débarrassent parfois de celui qui les tourmente en crachant des objets étranges. Durant sa longue pratique, le père Amorth est fier d'avoir amassé une collection d'objets diaboliques tels que des mèches de cheveux, des morceaux de cordelette en laine de verre et des composants de poste de radio.