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R.U. : dons d’ovocytes autorisés pour la recherche

Le gouvernement britannique a pris une décision qui fait date, en autorisant les femmes à donner bénévolement des ovules à la recherche scientifique. Jusqu’à présent, seuls des ovules développés dans le cadre d’un traitement médical procréatif pouvaient faire l’objet d’un don (" egg-sharing "). " Les dons altruistes " ne seront pas rémunérés, mais les donneuses pourront être dédommagées de leurs frais jusqu’à 370 €. La décision a été communiquée par la Haute Autorité britannique en charge de l’aide à la procréation assistée et de la recherche en embryologie (HFEA), pour pallier la faible disponibilité d’ovocytes disponibles pour la recherche. En vertu de la nouvelle législation, des femmes n’ayant pas les moyens de payer les coûteux traitements de fertilité pourront bénéficier d’une FIV (fécondation in vitro) à frais réduits en échange d’un don d’ovules surnuméraires.

Angela McNab, directrice générale de la HFEA répondait à des questions sur les risques de mort pour les donneuses : " Etant donné que les risques médicaux de dons pour la recherche ne sont pas plus élevés que ceux des traitements de fertilité, nous avons conclu que ce n’est pas à nous d’enlever aux femmes le choix déterminant l’utilisation de leurs dons d’ovocytes ".

" Voilà plus de 20 ans que les femmes font des dons d’ovules, en général celles qui subissent une stérilisation, cas où les ovocytes sont utilisés pour étudier les premiers stades du développement embryonnaire. " dit le Professeur Peter Braude, directeur du Centre de préimplantation et de diagnostic génétique au Guy's and St Thomas' Foundation Trust. " Maintenant, la différence est que les femmes peuvent être sollicitées comme volontaires pour une stimulation ovarienne afin de développer des ovules destinés spécifiquement et exclusivement à la recherche ".

Cette décision pourrait contribuer à faire progresser la recherche sur les cellules souches embryonnaires. Le manque d’ovocytes humains nécessaires pour cloner les embryons à partir desquels des lignées cellulaires peuvent être dérivées, constitue un grave goulot d’étranglement technique. Les chercheurs sur les cellules souches travaillent en vue d’une percée significative en médecine régénératrice. Bientôt ils pourraient arriver à créer des greffes parfaites pour remplacer des tissus endommagés, en utilisant des cellules souches avec leurs gènes originaux. Cette technique pourrait aider à traiter de nombreuses maladies et bénéficier à des millions de gens. Par exemple, elle permettrait de réparer des lésions de la moelle épinière, des muscles cardiaques endommagés par des crises cardiaques ou de remplacer des cellules du cerveau tuées par la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer.

Une attaque obscène

S’il existait une récompense pour l’attaque la plus obscène contre le don d’ovocytes à des fins de recherche, elle devrait être décernée au " Centre Humaniste Appignani-IHEU pour la bioéthique " à New York. Dans sa déclaration, Ana Lita, directrice et (seule) représentante du Centre ne mâche pas ses mots sur les tenants et aboutissants de la nouvelle réglementation. Elle nous prêche un sermon sur la méprisable stature morale des donneuses d’ovocytes, en particulier si elles acceptent des compensations financières. Sa tirade n’est rien de plus qu’une nouvelle version du bon vieux puritanisme chrétien. Mais sur un mode un peu plus aigu et fondamentaliste que l’air bien connu : non seulement avoir des rapports sexuels autrement que pour créer une nouvelle famille et de nouveaux membres de la communauté, c’est un péché mortel – voilà que le simple fait de produire des ovules en est un lui aussi ! Comparant le don d’ovocytes pour la recherche scientifique à la prostitution, elle écrit : " Beaucoup de gens n’ont pas de problème avec une loi qui permet à d’autres de payer pour le sexe; mais peu de gens qualifieront cela d’éthique et moins de gens encore recommanderaient une telle pratique à leurs mères, filles ou sœurs. Personne ne veut avoir une sœur ou une fille qui fait des études pour finir par devenir une vendeuse d’ovules ".

Si vous pensez que ce " Centre Humaniste Appignani pour la bioéthique " est un outil de la droite chrétienne américaine, vous vous trompez complètement. Malheureusement, il a été introduit l’an dernier comme la nouvelle vedette de l’organisation humaniste. La déclaration du " Centre Appignani " a provoqué embarras et confusion parmi les rationalistes et humanistes qui en ont eu connaissance. Une mise au point de la part des humanistes associés au " Centre Appignani " serait la bienvenue.