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Norvège: La Cour européenne des droits de l’homme condamne l’éducation religieuse obligatoire

Enfin ! La Norvège doit retirer l’obligation de suivre les cours de religion dans les écoles publiques. La Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg a arrêté le 27 juin 2007 que les cours dits KRL (" religion chrétienne et philosophie de vie ") violent l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le ministre de l’éducation, Oystein Djupedal a annoncé que les changements requis sont en cours de préparation.

Cet arrêt met un terme à dix ans de bataille juridique. En 1997, lorsque l’éducation religieuse obligatoire dans la ligne de la " religion d’état officielle " fut rétablie pour tous les élèves des écoles primaires et secondaires de Norvège, sept familles décidèrent de poursuivre l’Etat en justice parce que leurs enfants étaient obligés de participer contre leur volonté à des cours de religion sans pouvoir obtenir de dispense complète. Elles perdirent en première instance et en appel devant la Cour suprême, mais quatre groupes de parents n’en restèrent pas là et en appelèrent à Strasbourg en 2002. " Nous ne pensions pas que nos enfants seraient assez âgés pour boire le champagne lorsque cette décision serait enfin prise ! " s’est exclamé l’un des requérants dont le fils, à qui il voulait éviter l’endoctrinement religieux, avait 10 ans en 1997.

Il n’y a pas de séparation entre l’Eglise et l’Etat en Norvège. Les écoles sont liées par la clause générale de vocation chrétienne, et l’Eglise luthérienne évangélique occupe une position dominante dans le cursus. Aussi il était difficile de satisfaire les groupes minoritaires ayant d’autres droits religieux en leur offrant les seuls cours KRL, a noté la Cour.

Mais la Norvège est accusée d’une autre violation des droits de l’homme en raison des privilèges dont bénéficie l’Eglise d’Etat de par la Constitution. En effet, selon la Constitution norvégienne, tout gouvernement élu doit proposer un cabinet composé de 50 % de membres de l’Eglise officielle. Ceci viole à la fois la Convention des Nations Unies sur les droits civils et politiques et la Convention européenne des droits de l’homme.